
Pays : Finlande
Date : 03/10/2025
Label : Season of Mist
Genre : Death metal / Doom metal / Heavy metal
Chroniqué par Astrad
Un crépuscule orageux, annonciateur d’une nuit sans lune. Baignée d’une lueur spectrale et voilée, une pierre tombale millénaire subit soudain le courroux de la foudre et se brise. En émerge, sous la forme d’une chauve-souris méphitique, un mal ancestral et sournois, présage d’une nouvelle ère obscure et funeste. Une brume fantomatique envahit progressivement l’écran, tandis que résonne en grandes pompes une symphonie gothique d’orgues 8-bits. Ainsi débute l’un de mes premiers grands chocs vidéoludiques : Super Castlevania IV.
Mais je digresse, me direz-vous. Que viennent faire les souvenirs émus d’un trentenaire nostalgique dans la chronique d’un album de métal, sorti au début du mois qui plus est ? La réponse est simple : avec leur death-doom à la sauce heavy, les Finlandais de Hooded Menace m’ont embarqué loin en arrière, dans une réminiscence aussi fulgurante que jubilatoire. Tel Simon Belmont, fouet à la main devant les portes du château de Dracula, je me trouvais piégé dans des contrées lugubres et nébuleuses, à la merci de créatures maléfiques et assoiffées de sang.
À la différence notable que chez Hooded Menace, ces terres désolées prennent la forme de paysages sonores occultes, où les rythmiques lourdes typiques du doom se partagent le devant de la stèle avec un riffing death particulièrement aiguisé et inspiré. Chaque chanson possède en effet son lot de riffs accrocheurs et entêtants, qui viennent parfois nous hanter de longues heures après l’écoute de Lachrymose Monuments of Obscuration. Comment rester de marbre, par exemple, face au thème principal de Portrait Without a Face, émis par une viole sinistre et grinçante ? Il est clair que sur ce septième album, les Finlandais maîtrisent parfaitement leur sujet et ont aussi bien révisé leurs gammes de Candlemass que laissé traîner leurs esgourdes du côté de Asphyx et Autopsy.
Jusque-là, cependant, rien de bien nouveau sous la Sélène. L’originalité de Hooded Menace tient principalement à l’introduction dans leur death-doom d’une dimension mélodique extrêmement appuyée : d’abord distillée par des nappes synthétiques vintage, grandiloquentes et inquiétantes, elle passe surtout par l’injection d’une composante heavy fondamentale qui frappe dès l’introduction de l’album. Avec sa lead guitar ultra réverbérée et sa langueur exacerbée, Twilight Passages trouverait en effet parfaitement sa place sur un album d’Iron Maiden période Seventh Son of a Seventh Son. Ces incursions heavy, jouissives, émaillent l’intégralité du disque et lui donnent une couleur particulière. Elles amènent en outre des twists tout en fraîcheur à certaines compositions, à l’image de la dernière piste, Into Haunted Oblivion, où un solo poignant et mélancolique jaillit sans prévenir d’un riff death à la Spiritual Healing.
L’alchimie prend parfaitement et confère tout son sel à cet album où twin guitars et doom bien gras occupent le même caveau familial. Quel dommage toutefois que ce cocktail détonnant soit quelque peu terni par une flopée de défauts mineurs mais pour le moins frustrants : outre un chant growl peu convaincant et même parfois franchement ridicule, Lachrymose Monuments of Obscuration s’abîme trop souvent dans des errances d’écriture qui agacent. Tournant en moyenne autour des sept minutes, les chansons traînent en longueur et peinent à susciter un intérêt continu, avec des schémas redondants qui auraient gagné à miser sur la concision. Progressivement, l’impact s’émousse telle une concession mal entretenue, voire disparaît en fumée le temps d’une reprise douteuse et dispensable du Save a Prayer de Duran Duran. Il n’en reste pas moins que malgré toutes ses tares, ce dernier opus de Hooded Menace demeurera une écoute généreuse et tout à fait recommandable… pour qui osera pénétrer dans son cauchemar éveillé et fatal !
Note : 3.5/5.0

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