
Pays : France
Sortie : 10/10/2025
Label : Les Acteurs de l’Ombre
Genre : Black metal mélodique
Chroniqué par Charon
Si l’Histoire de France recense bon nombre d’épopées, Les Bâtards du Roi poursuivent la leur, bien décidés à croiser le fer. Et quelle épopée ! D’ailleurs, peut-on parler d’« épopée » quand bien même celle-ci n’a pas encore livré sa dernière bataille ? Le futur nous le dira. Quoi qu’il en soit, après un premier opus éponyme sorti en 2024, très prometteur, et une halte à la forge pour faire affûter les lames et remplir les carquois, la jeune formation orléanaise se remet en selle et nous livre son récit épique et tenace qui ravira tout bon amateur de black métal mélodique ou non.
Au travers de neuf titres, nos cavaliers, toujours « cachés dans les ténèbres de la nuit », condamnés à l’errance, nous transportent dans leur univers médiéval sombre et maléfique. Une identité visuelle forte et une volonté d’acier dans la recherche de la composition musicale. À la fois entraînantes et accrocheuses, les partitions s’enchaînent de façon harmonieuse et se différencient toutes entre elles grâce à des changements de rythmes, des riffs incisifs, des mélodies mid-tempo, des passages instrumentaux. Ceux qui ont écouté le premier album identifieront directement le ton de la voix, plus organique, plus diabolique, et ce chant clair qui parfois se juxtapose, manière originale de traduire le tourment et la malédiction des chevaliers. Également, de la recherche et de l’inventivité dans l’écriture des paroles avec un champ lexical appartenant aux légendes d’autrefois. Des textes emplis d’onirisme, de noirceur, de mysticisme, de férocité, le tout sublimé par un mixage aux petits oignons. Ce second album est une véritable pépite et conforte l’ascension et la ferveur des Bâtards du Roi.
Chaque titre des Chemins de l’Exil conte le mal-être, la quête de vengeance, le doute, le regret parfois avec des sonorités fortes et fédératrices notamment dans Le Chevalier au Corbeau et Ord Vil Merdos (juron utilisé au Moyen-Âge). Le Val Dormant est sans doute le morceau le plus mélancolique de l’album (tel Jeanne dans le premier album), celui qui vous fera hérisser les poils ou bien vous mettre à genoux pour un ultime salut, épée au fourreau. La suite est tout aussi exquise avec Les Chemins de l’Exil lancés au galop, pour finalement sceller à jamais ces 46 minutes Sous la Couronne de l’Eternité en un véritable coup de grâce.
En somme, inutile de demander le chemin, celui-ci est et sera le bon, tantôt atmosphérique, tantôt héroïque, toujours puissant, assurément ! Le Roi est mort, Vive les Bâtards !
Note : 5.0/5.0

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